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La Préhistoire de Proust

Sous le titre Le salon de Mme de… les Carnets de L’Herne viennent de publier les chroniques mondaines écrites par Marcel Proust entre 1903 et 1907. Le livre est court, une centaine de page, les chroniques sont peu nombreuses, moins d’une dizaine, mais ces quelques pages contiennent déjà les principaux “motifs” de la Recherche. A les lire, ou plus exactement à s’y plonger, on se fait l’effet d’un archéologue mondain qui découvrirait toute la Préhistoire proustienne sans se donner d’autre peine que de lire son Figaro. Derrière le rire de la comtesse de Briey née Ludre, on reconnaît celui de Madame Verdurin, et bien des qualités de Saint-Loup chez le brillant Aimery de la Rochefoucauld. Polignac, Noailles, Kersaint, Harcourt, Broissia, Rohan, Chevigné, Castellane, Ganay, Uzès, Brissac, les plus beaux noms de France, dont certains sont toujours portés mais pas toujours avec autant d’éclat si l’on excepte quelques dernières duchesses qui tiennent encore salon dans leurs galetas du Faubourg Saint-Germain, défilent ici comme à la parade. Des noms vivants, virevoltants et chatoyants que le “petit Marcel” devenu “le” narrateur épinglera dans la boîte à papillon de son génie avant de les rebaptiser pour l’éternité. Alors naîtrons Villeparisis, Sainte-Euverte, Cambremer, Bréauté, Charlus, Laumes, Marsantes, Guermantes…

Posté dans la catégorie Histoire, Littérature.

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