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L’Art d’être pauvre

Emprunter à Boni de Castellane le titre de ses mémoires pour en baptiser le roman de sa propre vie ne manque pas d’air. C’est pourtant ce que vient de faire François Baudot en publiant chez Grasset L’Art d’être pauvre. Ce survivant de la grande fête des années Palace n’était pas aussi bien né ni richement marié, il est vrai, que le prince de la Belle Epoque auquel il s’identifie pourtant.

Issu d’une famille reléguée aux marges de la bourgeoisie par la ruine et l’accumulation de mariages idiots, le jeune homme et ses parents se trouvaient plus sûrement en exil au beau milieu du XVIème arrondissement qu’au fin fond de la Patagonie. Orphelin très jeune d’une mère vaguement décoratrice, laissée pour compte par un père brocanteur, le jeune François Baudot va promener son ennui de Baby Boomer des barricades du boulevard Saint-Michel à la Factory New Yorkaise d’Andy Warhol.

Bien décidé à « gâcher sa jeunesse plutôt que de la perdre », c’est au Palace, la boîte mythique du délirant Fabrice Emaer, qu’il donnera toute sa mesure de dandy branché emporté par le vide sidéral mais largement cocaïné de ces nouvelles « années folles ». Ensuite le narrateur de cette recherche du « no future » deviendra photographe de mode, éditorialiste pour Elle et arbitre d’élégances vieillissantes.

Il y a indubitablement du Balthasar fils de famille chez notre mémorialiste et malgré son goût prononcé pour des bas-fonds plus tristounets qu’effrayants, on ne peut pas s’empêcher de préférer son Art d’être pauvre à celui déployé par un certain François-Marie Banier pour devenir riche…

Posté dans la catégorie Arts, Littérature.

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